Laval-sur-le-Lac

Maison sur le golf

Situé à l’extrémité ouest de l’île Jésus, Laval-sur-le-Lac s’est développé, d’abord comme lieu de villégiature puis comme secteur résidentiel, en accord avec les particularités de son paysage.​

L’histoire de Laval-sur-le-Lac commence en 1910, alors qu’un groupe d’hommes d’affaires montréalais, mené par Édouard Gohier, découvre la pointe ouest de l’île Jésus, un site encore majoritairement dans son état naturel, donnant à la fois sur le lac des Deux Montagnes, sur la rivière des Mille Îles et sur la rivière des Prairies.

Édouard Gohier (1861-1923), originaire de la paroisse de Saint-Martin, est un homme d’affaires et politicien très actif dans le développement de divers secteurs de la grande région montréalaise. Maire de la ville de Saint-Laurent pendant plusieurs années et un des artisans de la création de cette municipalité, il est également impliqué, avec sa Compagnie des boulevards de l’île de Montréal, dans la promotion immobilière des secteurs de Bordeaux (Montréal), de Ville-Émard ainsi que des villages de Cartierville et de Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds. 

Dès 1910, le groupe d’investisseurs mandate l’agence d’immeubles Gohier et Bigras afin de négocier l’acquisition de la grande majorité des lots formant la pointe ouest de l’île Jésus, jusqu’à la montée Graveline, ainsi que de l’île Roussin.

Deux ans plus tard, Édouard Gohier et ses associés fondent la Compagnie des terrains de Laval dans le but, notamment, d’obtenir la subdivision des lots nouvellement acquis et d’y développer une ville résidentielle moderne et paisible. 

Afin de faciliter cette tâche, la Compagnie des terrains de Laval ainsi que les avocats Raoul Guillaume de Lorimier et Wilfrid J. Jalbert présentent une requête à la législature provinciale afin que le territoire leur appartenant soit érigé en municipalité. Il se détache ainsi de la municipalité de la paroisse de Sainte-Dorothée et, pour une petite partie du territoire, de la municipalité de la Partie ouest de la paroisse de Sainte-Rose (devenue, plus tard, Fabreville).

En réponse à cette requête, la Loi constituant en corporation la ville de Laval sur le Lac est sanctionnée le 5 mars 1915. Durant les premières années d’existence de la municipalité, les séances du conseil municipal se tiennent à Montréal, dans les bureaux de l’agence Gohier et Bigras. Les 2 associés de cette agence sont d’ailleurs impliqués dans l’administration de la ville : Horace Gohier en devient le premier secrétaire-trésorier tandis que Joseph-Lucien Bigras en sera conseiller municipal de 1915 à 1924 puis, succédant à J.-Émile Léonard, maire de 1924 à 1951. 

Tout au long de son histoire, Laval sur le Lac demeure une ville résidentielle paisible. Afin que son développement respecte le paysage naturel du secteur, la règlementation municipale encadre rapidement l’urbanisme dans la municipalité. 

Par exemple, on adopte un règlement, dès 1921, indiquant que toute construction ne puisse être érigée à moins de 20 pieds des rues. Deux ans plus tard, la distance exigée est doublée, donc portée à 40 pieds, et l’on exige également l’approbation par la municipalité des plans et devis de toutes les constructions projetées dans la limite de Laval sur le Lac.

En 1937, afin de préserver ses caractéristiques de lieu de villégiature, la ville fixe à 100 pieds la largeur minimale des terrains des maisons. La règlementation de la municipalité concernant l’urbanisme continue d’évoluer tout au long de son histoire et atteint son apogée en 1963, avec l’adoption du règlement 157 relatif au zonage, à la construction et à l’usage des bâtiments et terrains. Par ailleurs, il est prévu que ce règlement soit maintenu en vigueur après la création de la Ville de Laval.

Mis à part sa fonction principale de ville résidentielle, Laval sur le Lac est également un lieu de loisir. On relate que, au tout début de son existence, en raison de son milieu très naturel, les premiers résidents de la municipalité pouvaient aller à la pêche et même à la chasse à 2 pas de leur maison.

Dès 1917, le golf de Laval sur le Lac est inauguré et devient rapidement un golf reconnu dans le circuit. Il accueillera notamment des célébrités telles que les princes George et Edward, de la famille royale britannique, en 1927.

En 1950, un club de yacht, dont les installations sont situées aux abords du lac des Deux Montagnes, est mis sur pied. En 1954, la ville de Laval sur le Lac construit un centre récréatif muni d’une piscine municipale. Finalement, le Club de curling de Laval sur le Lac voit le jour en 1963. 

Au moment de la création de la Ville de Laval, le territoire de Laval sur le Lac est développé à 75%. Il s’agit de la municipalité fusionnée qui, à l’époque, a la densité de population la moins élevée sur la partie développée de son territoire. 

On y trouve en moyenne environ 2,5 personnes à l’acre, comparativement à 30 personnes à l’acre à Pont-Viau et à environ 20 personnes à l’acre à Chomedey, Laval-des-Rapides et Saint-Vincent-de-Paul.  

La toponymie de Laval-sur-le-Lac​

La toponymie reflète souvent l’histoire d’un secteur. Voici quelques exemples de noms de rue du secteur de Laval-sur-le-Lac, nommés avant 1965.

Les noms de toutes les rues de Laval-sur-le-Lac sont inspirés de noms d’espèces d’arbres indigènes du Québec. 

Ce choix, effectué par l’administration de cette municipalité, a été justifié par la grande quantité d’arbres se trouvant sur son territoire. 

Ainsi, les rues de Laval-sur-le-Lac nommées avant 1965 portent les noms suivants :

  • Les Érables
  • Les Ormes
  • Les Sorbiers
  • Les Bouleaux
  • Les Pins
  • Les Cèdres
  • Les Tilleuls
  • Les Chênes
  • Les Peupliers
  • Les Plaines
Plan des rues de Laval-sur-le-Lac
Plan montrant les rues de Laval-sur-le-Lac datant de 1956.
Crédit photo: Fonds du Service de l’urbanisme (VL7)

Laval-sur-le-Lac en images

Documents d’archives intégraux

Album souvenir du 50e anniversaire de la ville de Laval sur le Lac, publié par la municipalité en 19651

Règlement 157 de la ville de Laval sur le Lac portant sur le zonage et la construction, 19632

  1. Source : Fonds de la ville de Laval sur le Lac (M8/F-1) ​ ↩︎
  2. Source : Fonds de la Ville de Laval sur le Lac (M8/A3-8) ↩︎